
137,5km – 3966mt de dénivelé positif – 3405mt de dénivelé négatif – Altitude maximale 1475mt, 3 départements traversés (Haute-Loire, Ardèche et Lozère), voici ce que 18 de nos adhérents ont accompli du 31 mai au 07 Juin sous toutes les météos possibles pour cette période de l’année (Soleil, Chaleur, Pluie, Froid) sur le chemin de Stevenson, célèbre écrivain du 19ème siècle (l’île au trésor, Docteur Jekyll et l’étrange Mister Hyde, etc…) qui a effectué ce périple depuis Le Monastier en Gazeille à St Jean du Gard avec son ânesse Modestine suite à une rupture amoureuse. Pour cette première partie, nous avons débuté du Puy en Velais en amont du véritable départ pour s’arrêter à Chasserades avant de faire la 2ème partie l’année prochaine entre Chasserades et St Jean du Gard.
Donc c’est au coeur du massif central, dans le chef lieu de la Haute-Loire que nous avons débuté notre itinérance et pour nous mettre en jambe, rien de mieux que de déambuler le jour de notre arrivée dans ce haut lieu du pèlerinage chrétien puisque Le Puy en Velais est l’un des départs d’une voie de St Jacques de Compostelle, édifié sur un plateau basaltique d’où ces maisons, rues et surtout la cathédrale et la vierge aux teintes grises et roses et au style hispano-Mauresque.

















C’est sous une belle journée, ensoleillée dont la température va augmenter, quitte à bien « cuire » que nous entamons notre première étape du Puy à Monastier sur Gazeille. Nous sommes dans le Velais et comme le décrit Stevenson, « c’est un doux mélange entre reliefs volcaniques et hauts plateaux agricoles », fief de la lentille verte ainsi que de la verveine qui selon les goûts, est transformée en infusion ou en liqueur digestive (de 35 à 55°C);
Et il est vrai, que nous rentrons tout de suite dans le vif du sujet avec de belles montées, descentes, des champs céréaliers, des sous bois ombragés avec toujours une perspective au loin sur les premiers Monts d’Ardèche. Une adaptation au rythme est nécessaire, nous sommes loin de la Seine et Marne et de l’Aisne, mais chacune et chacun saura trouver le sien au cours de cette semaine. Après d’un peu plus de 20km, arrivée à notre premier logement, « Bon Vendüd châ nous » avec un petit raidillon de 50mt et toutes et tous, étions contents d’en finir. Quelques boissons rafraichissantes pour bien se réhydrater et avant le repas local, et pour les plus courageux, balade dans les rues de ce joli petit village.






























Après une bonne nuit de sommeil, et un bon petit déjeuner, départ pour cette 2ème étape. Pluie annoncée, du moins des averses, températures en baisse car nous nous montons en altitude (1245mt) et que le temps se couvre mais ce sont les aléas de la randonnée en itinérance. Ne rien prévoir mais être prêt à tout sera notre crédo. Quoiqu’il en soit, et malgré ce changement de météo, les paysages restent à couper le souffle même si cette étape de 24km, restera la plus exigeante de la semaine avec 14km de montée perpétuelle jusqu’à notre lieu d’arrivée, au Bouchet St Nicolas. Trois gîtes pour nous tous, une auberge pour diner avec une ambiance bon enfant que l’on retrouve sur le chemin de St Jacques et une bonne nuit de sommeil pour récupérer.





















Pour cette troisième étape, nous rentrons dans la partie orientale du Gévaudan, et je reprends de nouveau Stevenson, » Un pays légendaire où les petites vallées accueillent des forêts sauvages éclairées de pâturages et de marais ». Moins rugueuse qu’hier et plus courte, les corps commencent pour certains à « grincer » mais c’est une découverte de soi-même que d’enchaîner chaque jour des étapes physiques de moyenne montagne faites de montées et de descentes plus ou moins pentues sans longue partie récupératrice. Malgré la fatigue, le fait d’être ensemble, de s’encourager, de s’entraider, de réguler son allure nous permet d’avancer et de faire abstraction du mieux possible des douleurs et autre bobos inhérents à la marche. L’arrivée sur Pradelles, après 21.5km sera une fois de plus la bienvenue, une bonne douche, quelques boissons houblonnées ou pétillantes dans un village, qui garde des traces médiévales et le passage de François1er, un repas copieux dans le restaurant « La Renaissance » (cela ne s’invente pas), quelques soins bobologiques par nos infirmières de service Nadine et Sophie et tout le monde au lit.

































Antépénultième étape, du même acabit que celle d’hier sauf que la pluie s’est invitée une heure après notre départ pour ne s’arrêter qu’à notre arrivée. Pas simple de gérer la fatigue, les douleurs, les conditions météorologiques, le froid et les émotions qui vont de paire, 4 jours déjà, presque 80km et plus de 2000mt de D+ au compteur. En finir au plus vite sera le mantra du jour. Cette étape qui nous emmenait jusqu’à Chaudeyrac a été scindée en deux car le logeur nous a proposé de récupérer certains d’entre nous, bien trempés, au bout de 14km, à partir de ce moment, depuis St Flour de Mercoire, 3 groupes se forment pour les 8 derniers kilomètres:
- Les flèches: Frédéric,Serge et Luc, se régalant en allongeant le pas, en faisant parler la fréquence des bras, un pari sportif réussi.
- Les « pressés »: Florence,Valérie,Nadine, Marine, Marylène, Daniel et Jean-Claude qui avec le sourire ont bravé ces conditions.
- Les escargots (de sortie vu la pluie): Cendrine, Claire, Babeth et moi-même. En cela rien de péjoratif, mais se mouvoir sans pression ni quête de temps, était essentiel pour arriver à bon port.






























L’étape de la veille aura laissé des traces, car Christophe perclus d’ampoule à préférer nous retrouver avec Claire à notre arrivée le soir à la Bastide-Puylaurent, pour se préserver physiquement avant le retour de fin de semaine. Surtout que l’étape du jour est appréhendée, 33km, 900mt de D+, 5 belles montées entre 2 et 4km, avec des passages à 20% dont la dernière au sommet d’Espervelouze en plein soleil, ce dernier nous accompagnant sur ces deux derniers jours. Nous sommes en Lozère depuis hier, après avoir traversé l’Allier à Langogne. Les paysages se métamorphosent, les pentes deviennent plus abruptes, les sols plus rocailleux, plus rugueux comme cette région mais tellement authentique, on ne triche pas dans ce pays. Entre bois, genets, gentiane et autres fleurs, un détour par le château de Luc et par l’abbaye de N.D des neiges, crée en 1850 par des cistercien, lieu de recueillement et d’hospitalité tenu par des cisterciennes loin de l’effervescence de notre société et la journée aura glissé plus facilement qu’imaginé, chacune et chacun se sentant conforté dans sa capacité à se faire confiance sur une telle distance après 5 jours de marche. Un bel accueil à notre arrivée avec un repas gargantuesque et les verveines (infusion et digestif) offertes par la patronne, nous feront passer une bonne soirée avant une nuit , une nouvelle fois, réparatrice pour attaquer le lendemain notre dernier tronçon de cette première partie.































Et nous voici, en ce 6 Juin, sur notre dernière étape, courte 12km entre La Bastide-Puylaurent et Chasserades.Une bonne montée de 4km et presque 300mt de D+, d’entrée, pour clore ce périple et finir en descente vers notre point d’arrivée pour le déjeuner, offert par l’association afin de remercier les participants et les féliciter de cette belle première itinérance.











Et c’est ainsi que se termine, notre escapade, à l’hôtel des sources, sur les pas de cet écrivain Ecossais; alors même s’il reste quelques points d’amélioration, pour un premier essai avec ou sans sac à dos, en itinérance, le véritable voyage, je pense que chacun en retirera une expérience forte pour le vivre ensemble,et je le répète, à titre personnel, ce fut un extrême plaisir de l’organiser et de faire découvrir une région méconnue car nous avons la chance de vivre dans un beau pays. Bien entendu, pour vivre ces moments, il faut un bon groupe, capable de se dépasser par moment dont ci-dessous vous avez la présentation. Si vous voulez tenter l’aventure, même sur une journée ou un peu plus, n’hésitez pas et franchissez le pas, Ambre est fait pour cela.
















Dernière photo de groupe devant le bus qui nous ramènera au Puy avant notre retour vers nos chez nous

A l’année prochaine pour la suite
Pierre-André